L'herbe, aliment fondamental pour nos chevaux!

La composition de l'herbe

Le cheval est un animal herbivore. C'est une vérité que tout cavalier connaît mais malheureusement beaucoup de personnes l'oublie! L'herbe et le foin doivent donc être la base de son rationnement quotidien.

 

L'herbe est un végétal et sa constitution peut être divisée en deux parties.

  • Les parois cellulaires sont composées de cellulose, d'hémicellulose, de pectine et de lignine. La lignine n'est pas utilisable par le cheval. La majorité de ces glucides sont digérés dans le gros intestin puis transformés en acides gras volatils pour être utilisés comme source d'énergie.
  • Le contenu cellulaire est composé de glucides hydrosolubles tels que l'amidon, le glucose, le fructose et le fructane. On y trouve également des protéines, des minéraux et quelques lipides. Ces glucides sont digérés dans l'intestin grêle sauf le fructane qui est transformé dans le gros intestin. Ils sont ensuite stockés dans le foie et les muscles ou directement utilisés comme source d'énergie. 

Une herbe jeune, en croissance est plus riche en glucides hydrosolubles et donc plus énergétique. Plus un végétal vieillit et plus sa paroi cellulaire grossit, sa teneur en lignine augmente et elle est donc moins énergétique.

La teneur en glucides hydrosolubles dépend également des conditions météorologiques. Elle augmente avec l'ensoleillement et la hausse des températures. Par contre elle diminue avec le froid et l'humidité. Elle varie aussi en fonction des heures de la journée. En effet ces glucides sont synthétisés grâce à la photosynthèse des végétaux, donc le jour. La quantité de ces sucres est donc modérée le matin, maximal en fin de journée et minimale la nuit.

 

 

 

 

  Les parois cellulaires Le contenu cellulaire
Composition  cellulose, hémicellulose, pectine et lignine  Glucides hydrosolubles (amidon, fructose, fructane et glucose), protéines, minéraux et un peu de lipides
Lieu de digestion Gros intestin Intestin grêle (sauf fructane dans le gros intestin)
Age du végétal Augmentent Diminuent

Les risques liés à la mise à l'herbe

La mise à l'herbe au printemps reste toujours un moment de stress pour les propriétaires d'équidés qui redoutent l'apparition de certains symptômes clés.

 

Mais quels sont ces risques? Et comment les aborder avec son propre cheval?

Ce qui'il est fréquent d'observer à la mise en herbe, au printemps est l'apparition d'une diarrhée. Si elle reste modérée; que les crottins sont un peu moulés et qu'elle ne dure pas dans le temps, cette diarrhée est bénigne et tout à fait normale. Elle est due au fait que le cheval ingère beaucoup d'eau en mangeant de l'herbe. En effet pour se procurer la même quantité d'énergie que sa ration en foin, le cheval devra ingérer 3 à 4 fois plus d'herbe. L'excès d'eau se retrouve alors dans les selles.

 

A l'état naturel un cheval est censé se rationner tout seul. Les modifications alimentaires apportées par l'Homme font que le cheval domestiqué et surtout vivant à l'écurie perd un peu cette notion. Ne voyant que rarement de l'herbe, il a tendance à se "jeter dessus" et ignore la sensation de satiété tellement l'appétence est grande! Il est alors fréquent d'observer une prise de poids allant jusqu'à l'obésité pour certains. Attention il est très mauvais pour l'organisme de jouer entre gavage l'été au pré et régime au box l'hivers. Il est préférable de limiter les sorties au prés pour les chevaux qui ont tendance à l’embonpoint. 

 

Un changement de régime alimentaire brutal peut provoquer une modification de la population microbienne du gros intestin ce qui entraîne la libération de toxine dans le sang. Il en résulte des symptômes plus graves tels que des diarrhées sévères, des coliques, des abcès de pied ou encore des fourbures. Les réactions les plus sévères sont l'état de choc, le choc anaphylactique et la mort de l'animal.

 

La myopathie atypique équine ainsi que la maladie de l'herbe sont des pathologies graves liées à la présence d'une bactérie sur l'herbe. Elles seront décrites dans un autre article de blog!

 

 


Il est important de ne pas trop spéculer sur la mise à l'herbe au printemps. Il faut garder à l'esprit que le cheval est un herbivore et qu'il est tout à faire normal, même essentiel de manger de l'herbe! Pour éviter l'apparition des symptômes ci dessus il est possible de mettre son cheval au pré progressivement. Commencer la sortie par une heure par jour puis augmenter progressivement. Si le cheval à tendance à l'embonpoint il ne sortira qu'une demi-journée. N'oubliez pas de vermifuger votre animal (ou faire une coproscopie) au printemps pour éliminer les larves qui s'étaient mises en sommeil pendant l'hivers.

Pour ma part je pense qu'il est préférable de prendre le risque de mettre son cheval à l'herbe que de ne pas l'y mettre du tout. En plus des bienfaits sur le transit, la mise à l'herbe est bénéfique pour le moral et le bien être de votre compagnon.   


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Commentaires: 1
  • #1

    Maraine (dimanche, 08 mai 2016 08:45)

    Très instructif !!! Continue c'est vraiment intéressant